Je ne prends plus le train. J’en ai fini de me tirer sur les marchepieds, de me hisser dans le wagon à coups de biscotos. C’est une porte qui se ferme avant que le chef ne siffle le départ. Je ne verrai plus les ordinaires de 7h14. Je ne verrai plus la grande chiqueuse, le gueulard du hall, les paumés du petit matin. Plus un seul regard pour la pimbêche des vestes légères en cuir rouge. Je ne verrai plus les assis du départ et les retardataires de Houyet. Ceux qui s’asseyent sur le bord des corps des autres. Plus non plus les debout des trois dernières gares. Je ne verrai plus Nicole qui vient de déménager sa fille. L’aider à venir à deux pas de chez elle. je ne verrai plus Martine de Mesnil dont je ne saurai plus rien de Mattéo, le petit fils adoré. Non pas qu’elle en parle souvent mais qu’elle en parle, lorsqu’elle le fait, avec fougue. Je ne verrai plus cette petite fille qui n’est pas encore femme ou cette femme encore un peu fille qui lit beaucoup, marche souvent et s’est échappée d’une autre vie que je crois mysthique. Qui me doit une visite chez Wittamer et qui rit avec tant de bonheur. Je ne verrai plus Régine qui m’a dit ça...”Dernière petite chose mais qui a toute son importance : De grâce, ne me lâchez pas trop vite pour les trajets vers Charleroi... pff que ce sera long, monotone et sans intérêt quand vous ne serez plus là !”. Je ne verrai plus les tricheurs de billets qui se cachent dans les toilettes pour échapper au contrôleur, plus les petites filles qui terminent des études d’infirmière et qui ne font pas la différence entre Imodium et motilium... Je ne verrai plus le gentil conseiller emploi d’Auvelais qui s’enferme un peu plus chaque jour dans ses remèdes et son administration. Je ne verrai plus la prof de flamand qui vient travailler à Dinant, la petite italienne qui va rechercher son fils le mercredi à l’académie avec des pêches au thon et dont le mari joue de l’accordéon. Je ne verrai plus le facteur-dragueur de Tamines au culot monstre et aux lunettes monstrueuses. Plus non plus, l’employée de la ville de namur qui organise un bus de formation pour les informaticien qui ne fait rien de son âge. Plus non plus, les femme stylées et ouvertes qui montent à Jambes pour Bruxelles, équipées de leur sourire et de leur bonjour jovial. Plus non plus l’écrivain sauvage qui laisse des mots dans les wagons...Plus aucune des lectrices de Levy ou de Follet, d’Irving et des magazines “poeple”.
Je vais oublier les parfums, les habitudes gastronomico-culinaires de huit heures, les cafés chauds et les éditions de Metro jonchant le sol. Je vais oublier les tags, les dégradations, l’humeur des gosses et la violence permanente mais diffuse. Je ne prends plus le train et, à devoir y revenir pour une cause ou une autre : Je ne l’oublierai jamais.
vendredi 4 juillet 2008
Je ne prends plus le train. J’en ai fini de me tirer sur les marchepieds, de me hisser dans le wagon à coups de biscotos. C’est une porte qui se ferme avant que le chef ne siffle le départ. Je ne verrai plus les ordinaires de 7h14. Je ne verrai plus la grande chiqueuse, le gueulard du hall, les paumés du petit matin. Plus un seul regard pour la pimbêche des vestes légères en cuir rouge. Je ne verrai plus les assis du départ et les retardataires de Houyet. Ceux qui s’asseyent sur le bord des corps des autres. Plus non plus les debout des trois dernières gares. Je ne verrai plus Nicole qui vient de déménager sa fille. L’aider à venir à deux pas de chez elle. je ne verrai plus Martine de Mesnil dont je ne saurai plus rien de Mattéo, le petit fils adoré. Non pas qu’elle en parle souvent mais qu’elle en parle, lorsqu’elle le fait, avec fougue. Je ne verrai plus cette petite fille qui n’est pas encore femme ou cette femme encore un peu fille qui lit beaucoup, marche souvent et s’est échappée d’une autre vie que je crois mysthique. Qui me doit une visite chez Wittamer et qui rit avec tant de bonheur. Je ne verrai plus Régine qui m’a dit ça...”Dernière petite chose mais qui a toute son importance : De grâce, ne me lâchez pas trop vite pour les trajets vers Charleroi... pff que ce sera long, monotone et sans intérêt quand vous ne serez plus là !”. Je ne verrai plus les tricheurs de billets qui se cachent dans les toilettes pour échapper au contrôleur, plus les petites filles qui terminent des études d’infirmière et qui ne font pas la différence entre Imodium et motilium... Je ne verrai plus le gentil conseiller emploi d’Auvelais qui s’enferme un peu plus chaque jour dans ses remèdes et son administration. Je ne verrai plus la prof de flamand qui vient travailler à Dinant, la petite italienne qui va rechercher son fils le mercredi à l’académie avec des pêches au thon et dont le mari joue de l’accordéon. Je ne verrai plus le facteur-dragueur de Tamines au culot monstre et aux lunettes monstrueuses. Plus non plus, l’employée de la ville de namur qui organise un bus de formation pour les informaticien qui ne fait rien de son âge. Plus non plus, les femme stylées et ouvertes qui montent à Jambes pour Bruxelles, équipées de leur sourire et de leur bonjour jovial. Plus non plus l’écrivain sauvage qui laisse des mots dans les wagons...Plus aucune des lectrices de Levy ou de Follet, d’Irving et des magazines “poeple”.
Je vais oublier les parfums, les habitudes gastronomico-culinaires de huit heures, les cafés chauds et les éditions de Metro jonchant le sol. Je vais oublier les tags, les dégradations, l’humeur des gosses et la violence permanente mais diffuse. Je ne prends plus le train et, à devoir y revenir pour une cause ou une autre : Je ne l’oublierai jamais.
Le spectacle vu avec Fabrice. il y a presqu’un an ici. Que vous voyez là-bas, si longtemps après, avec le même engouement patraque. Il n’y a qu’une grosse cure de belgitude qui pourra me sauver. "Kermesse aux fleurs, kermesse du bonheur!" La compagnie Victor B. a investi la cour du lycée Zola (Nous sommes à,Rennes). Pas mieux que le lieu qui a permis à Alfred Jarry de créer son personnage d’Ubu, en s’inspirant d’un de ses profs, pour permettre à la troupe de Jean-Michel Frère de nous embringuer dans leur univers loufoque et déjanté. "Socrate, à quoi ça sert de jouer de la lyre, puisque tu vas mourir?" nous annonce Patrick le "spiqueur" Ça démarrait bien. Je pensais pouvoir me pêcho une Ginette entre l’apéro à la violette ou à la rose, offert en pot d’accueil par l’infatué André Delmelle (échevin des sports et de la jeunesse, et président des sports et de la jeunesse du comité des fêtes du Pêchereux), la Bingo-Buvette, la pêche aux Nénuphars ou les ateliers créatifs de Mme Gilson, la tentative de record du monde mondial d’enfilage de slips, le concours de twirling de la sexy Sylvie Godefroid et le grand bal animé par Antonin Krakowski.
Que dalle, oui! En plein slow langoureux avec une sémillante femme de sexe féminin, il a fallu s’arrêter de badiner.
Les gentils bénévoles ont commencé à se foutre sur la tronche et je ne vous raconte pas les horreurs proférées par les uns et les autres, règlements de comptes et bastons, révélations de filiation et "tutti le chianti", sous l’œil du sponsor Paradise.com (funérailles, fleurs et assurances funéraires).
"N’oubliez pas d’accrocher votre fleur pour pénétrer dans le bonheur", qu’ils disaient... Bref du grand n’importe quoi de ringarditude hilarante, avec un grand H, comme dans "hencore!" Ca finit malmoche... A vrai dire ça ne finit pas tant ça ressemble à la vie qui ne finit pas... J’ai encore, reçu de l'échevin Delmelle, la photographie d’hildegarde... Von bi-bi, von bi-bi, von Bingen (avec Rue 89)
dimanche 29 juin 2008
samedi 28 juin 2008
J’ai remplacé Patembert par Lefebvre. juste commis cette petite offense au texte gouleyant de jonas2 sur Rue 89, peut-être le plus pertinent des sites d’actualité d’aujourd’hui. Merci à vous, monsieur, d’avoir tenu le miroir.
“Elle arrive. Elle est presque là. Ce n'est plus ce futur intangible que je caressais avec ferveur les matins d'hiver pour me donner du courage. Non. Elle a pris corps. Je peux même toucher la liasse de papier qui en atteste. Le décompte de mes droits. Ma retraite. Ma chère retraite. Enfin!
Pour les collègues aussi la cause est entendue.
- Alors Lefebvre? Combien de mois encore?
Je sens qu'ils sont déjà passés à autre chose; à un, ou une autre que moi.
- Ça doit être long la dernière ligne droite. Non?
Sans doute autant pour eux que pour moi. Normal. Ils attendent la redistribution des cartes qui suivra mon départ. Ils ne peuvent décemment pas le faire dès maintenant. Ce serait se partager les écus sur le ventre de l'agonisant. Je me marre intérieurement en fredonnant la chanson de Félix Leclerc "Chapeau noir, les yeux dans l'eau, les mouchoirs, les gros sanglots, rage au cœur, couteaux tirés, gerbes de fleurs, Miserere!"
Ils forcent un peu sur le registre sympa. Je ne suis plus un rival potentiel. Le papy est soudain devenu inoffensif. Je sais ce qu'il y a dans cette bonhomie nouvelle pour l'avoir éprouvée moi-même il y a longtemps.
- Quel intérêt aurait-il à encore intriguer ou placer ses pions le Papy? Pour son compte?
- Improbable. Sa carrière est derrière lui.
- Pour l'organisation alors?
- Tu parles! Il pense plus à ses petits-enfants qu'à la boite. C'est normal à son âge.
Là ils ont tort. J'essaye de me motiver et de rester investi. Oh! pas pour la gloire, mais pour que justement les derniers mois ne soient pas trop longs. Le temps s'étire indéfiniment quand on s'emmerde. Malheureusement je ne décide pas de tout.
- Ah! Au fait! Lefebvre. Je ne vous envoie pas au séminaire sur le nouveau processus, parce que quand ça va se mettre en place vous ne serez plus là. Je préfère privilégier les acteurs qui auront à l'appliquer. Je pense que vous le comprenez. D'ailleurs vous avez assez donné. C'est le tour des autres maintenant, hein? Ha! Ha! Ha! Vous avez bien gagné le droit de souffler un peu. Je compte sur vous en revanche pour les transferts de savoir faire. C'est important pour la boite de contribuer à transmettre ce capital mémoire et expérience avant votre départ.
Mon expérience ? Je la trouve un rien obsolète confrontée aux technologies de l'information, ravivées chaque jour de nouvelles notions dont je dois avouer qu'elles me lassent de plus en plus. Difficile d'investir lourdement dans des pratiques que je ne maîtriserai, dans le
meilleur des cas, qu'au moment de partir et qui ne me seront d'aucune utilité par la suite.
Se rendent-ils compte qu'ils me font jouer une partie où on ne me passe plus jamais le ballon. C'est un peu comme si j'étais devenu transparent. Difficile de s'intéresser à un match sur lequel on ne pèse plus du tout. Encore plus difficile de se jeter sur un ballon rétif quand on est las.
Il est schizophrène, ce discours qui consiste à exhorter les seniors à rester en activité. Car l'entreprise n'aime pas les seniors. Elle n'a ni le temps ni le goût de s'encombrer d'eux. Ils sont les lambeaux d'hier dans une organisation qui n'a d'intérêt que pour demain, la prospective et les contrats d'objectifs.
Les jeunes, eux, attendent avec impatience de voir les seniors tirer leur révérence pour laisser le champ libre à leurs légitimes ambitions. Quant aux seniors, ils n'ont qu'une envie. C'est de mettre un terme à ces postures factices du vieux qui fait semblant d'en redemander et d'une organisation qui fait semblant de n'attendre que ça.
Personne ne veut véritablement que les seniors jouent les prolongations en entreprise; à commencer par eux. Celui qui est à l'origine de cette injonction paradoxale, c'est monsieur le comptable des retraites qui milite pour une cause bien plus prosaïque: payer le moins possible d'années de retraite.”
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