vendredi 20 février 2009

C’est à cause de notre besoin de sauver les apparences que nous laissons faire l’histoire ou que nous l’activons. Que nous laissons se déplier toutes ces choses anodines auxquelles, soudain, nous donnons une importance qui nous rassure ou nous encombre. Laissez-moi, un instant, être plus vieux que vous et plaider pour le déjà jadis. Votre patience des mots, votre douleur des mots, votre vigueur des mots sont jeunes et tendres. Vous êtes dans une robe de soirée.

jeudi 19 février 2009

Le miel de la vie lui avait coulé sur les doigts. Il l’ avait lêché avec application mais aussi avec beaucoup de retenue et de discretion. En silence presque. Quand le miel fut lapé, il voulu recommencer. Pas encore assouvi. Il hérita pour le second écoulement de la fiente de la vie. Comme il n’en connaissait pas le goût, il lapa la pâte sêche, s’aidant de sa bave et des pluies qui tombaient. En silence presque. Pas encore assouvi, il hésita alors beaucoup à se nourrir encore. Mais il le fit.

mercredi 18 février 2009

Sur le temps de midi. J’imagine mal que ce soit une expression partagée par le monde francophone. Le temps de midi signifie, en Wallonie, la période prise entre le début de la pause du déjeuner et sa fin, sur le lieu de travail.. Sur le temps de midi donc, j’ai rencontré un beau gamin, d’une trentaine d’année, investi d’une belle et naïve mission d’analyse des comportements d’accompagnement. On m’avait prévenu qu’il s’agirait de “job coaching” mais je n’ai pas entendu une seule fois prononcer ce vocable imbécile pendant notre entretien. J’ai raconté ce que je faisais au quotidien pour les demandeurs d’emploi. J’aime bien raconter ce que je fais au quotidien parce que j’ai la permission de remettre ainsi les pendules à l’heure. Je refais le point doucement. Je me conforte dans l’idée de ce que je défie en permanence. Nous avons passé une heure du temps de midi entre le début du Rite des flamands et l’après-midi qui allait les secouer. J’ai invité le gamin à venir voir, se mouiller, se vautrer... Il m’a parlé du renfort qui devait l’aider... et que ce renfort n’était pas là encore et que donc, il était débordé... Cela me fait toujours rire quand les priorités disparaissent derrière les carences... Et puis, on s’étonne qu’il pleut....

vendredi 6 février 2009

Ce truc est la limite entre la guimauve et le décapage. ce truc est en même temps énergétique et énergivore. Ce truc pousse à bouger et à lâcher. C’est un des Beatles de rupture passé inaperçu dans la grande production. Ce truc me donne envie de courir dans les rues sans rien attendre de cette fuite. Ce truc tient sur le “aille” long, le “I ” long soulevés par le souffle de l’harmonica.

mercredi 4 février 2009

C’est la voix des petits matins raides et longs. Celle des jours encore lestés d’alcool et de fumées de cigares pas encore recrachées. C’est la voix de la voiture dans le petit jour qui se cherche des refrains petards et saouls. La voix qu’on perd sur le coup de neuf heures quand on a assez dit sa détresse et sa fatigue.. Qu’il faut parler plus vite au collègue pour ne pas paraître vieux. Tu danses Mathilde ?